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Créer malgré tout - Réflexion sur la nature humaine et nos systèmes



Rousseau avait peut-être tort… mais on continue de créer quand même...


Rousseau disait que l’homme naît bon et que la société le corrompt.


C’est une idée rassurante.

Parce qu’elle laisse entendre que le problème est ailleurs. Dans les structures.Dans les règles. Dans les systèmes. Et qu’en les corrigeant…on pourrait enfin arriver à quelque chose de juste.


Mais plus j’observe… plus j’ai un doute.


J’ai vu des gens, dans le même système, faire des choix complètement opposés.

Même entreprise. Même contexte. Parfois même richesse.


Et pourtant…


L’un va réinvestir. Améliorer les conditions. Penser au groupe.

L’autre va accumuler. Acheter. Garder pour lui.


On dira que c’est la pression.

Les actionnaires. La concurrence. Le marché.

Mais ces pressions-là…elles viennent d’où ?


Ce sont encore des humains.


Le système, on en parle souvent comme d’une entité abstraite. Quelque chose qui existerait au-dessus de nous. Mais ce n’est pas le cas.


Le système, c’est nous. Organisés.


J’ai vu la même chose ailleurs.

Pas dans une entreprise. Dans un comité.

Un groupe d’aide. Des gens de bonne volonté.


Et malgré ça…

Des tensions. Des jeux d’influence. Des décisions orientées.

Pas parce que le système est mauvais.

Parce que les idées n'étaient pas portées par les bonnes personnes...


C'est à ce moment que quelque chose… revient.

Alors on change les systèmes.

On corrige. On ajuste. On réforme.

Et ça fonctionne.

Un temps.

Puis lentement…

Ça recommence.

Pas exactement pareil. Mais reconnaissable.


Alors je me demande si Rousseau avait tort.

Ou du moins… s’il n’avait vu qu’une partie.

Et si la société ne nous corrompait pas ?

Et si simplement, elle nous amplifiait.

Elle nous donne plus de moyens. Plus d’impact. Plus de portée.

Et ce qu’on est…prend plus de place.


Alors on se retrouve avec une drôle de situation.

On construit des systèmes pour corriger des dérives.

Et ces systèmes finissent, parfois, par en produire de nouvelles.

Et là… une pensée s’installe.

Peut-être que tout ça est inévitable.

Peut-être que peu importe le système…les mêmes tensions reviennent.


C’est une idée difficile.

Parce qu’elle enlève quelque chose.

L’idée qu’il suffirait de trouver la bonne structure.

Et pourtant…

Malgré ça…

On continue.

On crée.


C'est à ce moment que j'ai le plus envie de créer.

Pas parce que je pense avoir trouvé la solution.

Pas parce que je crois que ça va tout régler.

Mais parce qu’il y a, parfois…

des moments qui apparaissent.

Des moments trop courts.

Des moments à contre courant.

Des moments où quelqu’un écoute vraiment.

Un moment où une idée existe sans être écrasée.

Un moment où on ne cherche pas à gagner.


Des moments courts.

Fragiles.

Mais réels.

Et pendant ces moments-là…

on voit quelque chose.

Pas un système parfait.

Pas une solution.

Mais une possibilité.


Et peut-être que c’est suffisant.

Créer, pas pour réparer le monde.

Mais pour ouvrir des espaces.

Des espaces où, pendant quelques instants…

la fatalité ne décide pas tout.


Pas de long moments.

Mais assez pour qu’on s’en souvienne.

Et que j'ai le goût de recommencer.


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