13- LA NUIT
- Le Théâtre du Mauvais Garçon
- 9 mai
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Impossible de dormir.
Le corps cherche une position. Aucune ne tient. L’épaule tire. La nuque résiste. Je replie les jambes, je les tends. Trop chaud. Puis froid. Rien ne s’installe.
Je respire trop.
Ou pas assez.
J’y pense. Alors ça ne fonctionne plus.
Chaque souffle devient volontaire.
Je voudrais que ça se fasse tout seul.
Je pense à la démission.
Je pense à après.
Je pense trop.
Le lit est grand. Je le remarque seulement maintenant. Trop grand pour une seule présence. Le drap est froid à côté de moi. Je m’y accroche un peu, sans raison.
Je me lève. J’écris. Assis. Le dos arrondi. Les pieds nus sur le sol. Le plancher est dur. Ça me tient éveillé.
Il n’y a plus de répétition demain. Plus d’horaire. Plus de phrases à dire à voix haute. Et pourtant, ça parle encore ici. Trop.
Je bois de l’eau. Elle ne change rien. Je la repose. J’écoute le silence. Il est dense. Pas calme.
Je me demande ce qui vient maintenant. La question revient sans cesse, sans jamais se formuler complètement. Elle reste là, coincée entre deux respirations.
Je me sens seul. Pas dramatiquement. Physiquement. Comme un poids posé sur la poitrine. Pas assez lourd pour faire mal. Assez pour empêcher de dormir.
J’écris pour passer le temps. Pour occuper l’espace. Pour ne pas replonger dans le lit.
Le sommeil ne vient pas.
Je reste là.
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