20 - Sans date durant la nuit du meme jour...
- Le Théâtre du Mauvais Garçon
- il y a 2 heures
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Je ne dors pas…
Je repense à mes anciennes relations.Ça m’est revenu sans prévenir.
Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Mais cette fois, ça s’est imposé. Peut-être à cause de cette rencontre récente. Peut-être pour me rappeler quelque chose. Ou pour m’en protéger.
Je ne sais pas.
Quand j’étais plus jeune, on m’a souvent aimé… pour mon jeu.
Pas pour moi.
Ou pas complètement.
On aimait l’acteur. L’énergie. La présence. Ce que je dégageais sur scène. Cette intensité-là. Elle fascinait. Elle rassurait aussi, je crois.
Tant que ça restait là.
Sur la scène.
Dans un cadre.
Mais dès que ça sortait du théâtre, quelque chose coinçait.
J’ai entendu cette phrase plus d’une fois. Pas toujours dite comme ça. Parfois à peine formulée.
On peux aimer un acteur.
Mais vivre avec… non...
Ou pas longtemps.
Il y avait toujours ce moment où je sentais que l'acteur prevait trop de place. Que le théâtre débordait. Que je devenais encombrant. Trop intense. Trop absorbé. Trop ailleurs.
On me demandait de choisir. Pas directement. Mais ça flottait.
Choisir entre la scène et la relation. Entre ce que je faisais et ce que j’étais.
Et chaque fois, je me disais que cette fois serait différente. Que cette fois, on comprendrait. Que cette fois, je pourrais être les deux. Un homme. Un acteur. Sans que l’un efface l’autre.
Je me suis souvent trompé.
Alors ce soir, après cette rencontre, tout ça m’est revenu.
Comme un réflexe.
Une manière de me rappeler de faire attention. De ne pas croire trop vite.
De ne pas me raconter d’histoires.
Parce que j’ai déjà connu ça. L’admiration. La fascination. Le regard qui brille.
Et puis, plus tard… la fatigue. Le recul. La demande implicite de disparaître un peu.
Je ne dis pas que c’est toujours comme ça. Je dis que ça l’a souvent été.
Et je me surprends à penser que peut-être que je préfère encore être vu de loin.
Sur scène.
Dans un rôle.
Plutôt que d’être vu de trop près.
Sans protection.
Je ne sais pas si c’est de la lucidité. Ou de la peur.
Je n’ai pas envie de conclure.
Je n’ai pas envie d’analyser.
Je constate seulement que chaque fois que quelqu’un me voit vraiment, une autre part de moi se met à reculer.
Automatiquement.
Comme si elle savait déjà comment ça pouvait finir.
Je reste avec ça.
Sans savoir quoi en faire.
Et ce soir,ça suffit.
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