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(Hors-série) Le Travail à l’Actors Studio – Lee Strasberg

Dernière mise à jour : il y a 17 heures


Quand la méthode devient une idéologie...


Pourquoi un hors-série

Lee Strasberg ne pouvait pas entrer dans la série comme les autres. Pas parce qu’il serait mineur, au contraire, mais parce que son influence est partout, souvent sans être nommée.

Il fallait donc lui faire une place à part. Non pour l’ajouter à un panthéon, mais pour éclairer certaines dérives que nous vivons encore sur les scènes.


Ce que Strasberg a réellement fait

Strasberg n’a pas inventé une nouvelle pensée du théâtre. Il a radicalisé une lecture de Stanislavski.


En se concentrant presque exclusivement sur :

  • la mémoire affective,

  • l’expérience personnelle,

  • l’émotion comme moteur central du jeu.


Son travail s’est développé dans un contexte précis :l’Actors Studio, le cinéma américain,la recherche d’une vérité intime à l’écran.


Dans ce cadre-là, son apport est réel. Et historiquement, indiscutable.


Là où le glissement commence

Le problème n’est pas Strasberg lui-même. Le problème est ce que sa méthode est devenue en circulant.


Peu à peu, le travail de l’acteur s’est déplacé :

  • de la scène vers l’intime,

  • de l’action vers le souvenir,

  • de la relation vers l’expérience personnelle.


Jouer est alors devenu :se raconter, se revivre, se mettre en danger émotionnellement.


La souffrance a commencé à être confondue avec la profondeur. L’intensité avec la justesse.


Les dérives que nous connaissons trop bien

On les voit encore aujourd’hui, très concrètement :

  • des acteurs sommés d’« aller chercher en eux »,

  • des répétitions transformées en espaces de confession,

  • une culpabilisation de ceux qui ne veulent pas exposer leur intimité,

  • l’idée que sans douleur, il n’y aurait pas de vérité.


La scène devient un lieu de preuve personnelle, plus qu’un espace de jeu, de construction, de relation.


Et surtout, le théâtre se referme sur l’acteur.


Ce que Strasberg ne pense pas

C’est là que sa place devient problématique dans une réflexion plus large sur le théâtre.


Strasberg ne pense presque jamais :

  • le spectateur,

  • la forme,

  • le dispositif,

  • la responsabilité collective.


Le jeu devient une affaire privée. La scène, un révélateur de l’intime. Le public, un témoin silencieux.


Tout ce que la série a cherché à déplacer , Strasberg le replie.


Pourquoi il fallait écrire cet article

Écrire ce hors-série,ce n’est pas régler des comptes.

C’est nommer une influence qui continue d’agir, parfois violemment,sous couvert de sincérité, de profondeur, d’engagement. Ce n’est pas rejeter l’émotion. C’est refuser qu’elle devienne une obligation morale.


Lire Strasberg aujourd’hui

Lire Strasberg aujourd’hui,ce n’est pas appliquer sa méthode.

C’est comprendre comment une pensée du jeu peut devenir une idéologie du vrai.

Et se poser, très simplement, cette question :

À partir de quand le théâtre a-t-il confondu vérité et mise à nu ?

En lien avec le reste de la série

Cet article hors-série éclaire pour:

  • Stanislavski, souvent trahi,

  • Tchekhov, souvent oublié,

  • Rancière, presque nécessaire.


Il rappelle une chose essentielle :le théâtre n’a pas à prouver la sincérité de l’acteur.

Il a à créer une expérience partagée, où personne, ni l’acteur, ni le spectateur, n’est sommé de se livrer pour être légitime...


LIEN POUR LA CONCLUSION DE LA SÉRIE


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