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Le Spectateur émancipé – Jacques Rancière (BONUS)

Dernière mise à jour : il y a 17 heures


Et si le spectateur n’avait jamais été passif ?


Pourquoi Rancière arrive à la fin

Il fallait aller jusqu’au bout du parcours pour pouvoir l’entendre vraiment.

Après Aristote, on a pensé l’effet. Après Diderot, le jeu. Après Stanislavski et Tchekhov, la vérité et l’imaginaire. Après Artaud, Brecht et Grotowski, la secousse, la pensée, l’extrême. Après Vilar et Brook, la relation. Après Eco, l’ouverture du sens.


Rancière arrive quand presque toutes les certitudes sont déjà tombées.

Il ne propose pas une nouvelle manière de faire du théâtre. Il interroge la position depuis laquelle on prétend le faire.


Le contexte : une méfiance envers les bonnes intentions

Le Spectateur émancipé n’est pas un livre de théâtre au sens strict. C’est un texte de philosophie politique et esthétique, écrit contre une idée très répandue :celle selon laquelle le spectateur serait, par nature, passif.


Rancière observe que le théâtre, même critique, même radical, a souvent une obsession commune : faire quelque chose au spectateur.


Le réveiller. L’activer. Le conscientiser. L’arracher à sa supposée inertie.


Et il se demande :sur quoi repose cette certitude ?


Ce que dit réellement Rancière

Rancière ne nie pas la puissance du théâtre. Il ne nie pas la politique de l’art.


Il remet en cause une hiérarchie.

Pour lui, il n’y a pas :

  • d’un côté ceux qui savent (les artistes),

  • de l’autre ceux qui reçoivent (les spectateurs).


Regarder, ce n’est pas être passif. C’est déjà :

  • sélectionner,

  • interpréter,

  • comparer,

  • relier à sa propre expérience.


Le spectateur agit simplement pas de la manière que l’artiste contrôle.


Ce que ce livre déplace dans toute la série

Avec Rancière, une gêne apparaît rétroactivement.

  • Chez Brecht, l’émancipation passe-t-elle vraiment par l’explication ?

  • Chez Artaud, le choc libère-t-il, ou impose-t-il ?

  • Chez Vilar, parle-t-on au public ou à sa place ?

  • Chez Eco, l’ouverture du sens suppose-t-elle une confiance réelle, ou un retrait ?


Rancière ne condamne pas ces pensées. Il les désaxe.


Là où Rancière dérange à son tour

Rancière est parfois invoqué comme une excuse confortable.

Si le spectateur est déjà émancipé, alors tout se vaut. Alors l’artiste n’a plus de responsabilité. C’est un contresens. Rancière ne supprime pas l’exigence.Il la déplace.


L’enjeu n’est plus de produire l’effet juste, mais de ne pas confisquer la place de l’autre.


Lire Rancière aujourd’hui

Lire Rancière aujourd’hui,ce n’est pas renoncer à toute intention.

C’est accepter une position fragile :créer sans maîtriser, proposer sans guider, construire sans assigner.

Ce n’est pas un renoncement. C’est une éthique.


Ce que ce texte change définitivement

Après Rancière,il devient difficile de dire encore :

  • « le public ne comprend pas »,

  • « il faut l’emmener quelque part »,

  • « il faut le réveiller ».


Non parce que le public serait idéal, mais parce qu’il est déjà en mouvement.

Le théâtre ne crée pas l’émancipation. Il la rencontre.


Dernière résonance

S’il fallait relire toute la série à partir de là,ce serait peut-être avec cette idée simple :

Le théâtre n’est pas l’art de transformer le spectateur. Il est l’art de ne pas décider à sa place.

Et cette idée, plus que toute méthode ou manifeste, reste aujourd’hui profondément inconfortable...


LIEN POUR LE PROCHAIN TEXTE DE LA SÉRIE:


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CONCLUSION...

Créer les références qui manquaient Relire cette série depuis Rancière change tout. Non pas parce qu’il aurait le dernier mot, mais parce qu’il empêche précisément qu’il y en ait un. Après Aristote, D

 
 
 

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