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L’Œuvre ouverte – Umberto Eco

Dernière mise à jour : il y a 19 heures

Quand le sens cesse d’obéir...


Pourquoi Eco arrive maintenant

Après Brook, le théâtre a appris à se méfier des dogmes. Des méthodes. Des certitudes.

Mais une question reste en suspens :qu’advient-il du sens, une fois que tout est ouvert ?

Eco arrive précisément là. Non comme homme de théâtre, mais comme penseur de l’art, des signes, de la réception.


Il ne parle pas depuis la scène. Il parle depuis l’œuvre et depuis celui qui la rencontre.


Le contexte : un art qui se décentre

L’Œuvre ouverte paraît dans les années 1960. Un moment où les formes explosent : musique contemporaine, arts plastiques, littérature, théâtre.

Les œuvres cessent de livrer un message clair. Elles proposent des parcours, des interprétations, des bifurcations. Eco ne célèbre pas le chaos. Il cherche à comprendre ce qui change dans la relation entre l’œuvre et celui qui la reçoit.


Ce que dit réellement L’Œuvre ouverte

Eco ne dit pas : « tout est possible ». Il dit presque l’inverse.

Une œuvre ouverte est une œuvre structurée, mais qui laisse au spectateur une part active de construction du sens.

Le sens n’est plus imposé. Il est co-produit.


L’œuvre n’est pas inachevée. Elle est volontairement non close.


Ce que ce livre change pour le théâtre

Pour le théâtre, le déplacement est majeur.


Il ne s’agit plus seulement :

  • de bien raconter,

  • de bien jouer,

  • de bien organiser la scène.


Il s’agit d’accepter que le sensne se fixe pas une fois pour toutes.

Le spectateur n’est plus celui à qui l’on transmet un message,mais celui qui fait un trajet dans l’œuvre.


Là où Eco inquiète

Cette ouverture peut devenir un alibi. À force de refuser toute clôture,on peut refuser toute responsabilité. Tout se vaut. Tout se justifie. Tout se dissout.

Eco n’a jamais défendu cela. Mais son concept a parfois été utilisé ainsi.

Une œuvre ouverte n’est pas une œuvre floue. Elle est rigoureusement construite, justement pour supporter plusieurs lectures.


Lire Eco aujourd’hui

Lire Eco aujourd’hui,ce n’est pas renoncer au sens.

C’est accepter de ne plus le contrôler entièrement.

Dans un théâtre obsédé tantôt par le message, tantôt par l’expérience brute, Eco rappelle une chose essentielle : ouvrir une œuvre, ce n’est pas s’en désengager. C’est faire confiance à l’intelligence du spectateur.


Vers la fin de la traversée

Avec Eco, quelque chose se referme ou plutôt se retourne.

Après :

  • l’action (Aristote),

  • le jeu (Diderot),

  • la vérité (Stanislavski),

  • l’imaginaire (Tchekhov),

  • la rupture (Artaud),

  • la pensée critique (Brecht),

  • l’ascèse (Grotowski),

  • le public (Vilar),

  • l’attention (Brook),


le théâtre accepte enfinde ne plus maîtriser entièrement ce qu’il produit.

La série touche à sa fin.Reste une dernière question, irréductible :

Que faisons-nous, aujourd’hui,de cette liberté laissée au spectateur ?

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CONCLUSION...

Créer les références qui manquaient Relire cette série depuis Rancière change tout. Non pas parce qu’il aurait le dernier mot, mais parce qu’il empêche précisément qu’il y en ait un. Après Aristote, D

 
 
 

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