LE JOURNAL D'UN VIEUX COMÉDIEN (introduction)
- Le Théâtre du Mauvais Garçon
- 10 févr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 févr.
PRÉSENTATION…

Le Journal d’un vieux comédien est né d’un lent processus d’accumulation plutôt que d’une idée claire au départ.
Il est le résultat de ce que j’appellerais du compost.
Il y a quelques années, lors d’une conférence de Robert Lepage, une phrase m’a marqué : il disait qu’il fallait garder toutes les idées, même celles qui ne trouvent pas leur forme immédiatement, parce qu’un projet qui ne voit pas le jour peut quand même nourrir les suivants. Que les idées, avec le temps, finissent par faire du compost. Cette image m’est restée. Elle correspond profondément à ce que représente, pour moi, le Théâtre du Mauvais Garçon : un lieu où les idées ne sont pas obligées de réussir, mais peuvent rester là, travailler en silence, se transformer.
Au fil des années, j’ai travaillé, de près ou de loin, sur Le Horla, Le Chant du cygne, Journal d’un fou et L’Étranger. Des projets parfois aboutis, parfois laissés en suspens, parfois simplement traversés. Plus récemment, la production La dernière cassette de Violette Chauveau, inspirée de La dernière bande, est venue réactiver cette réflexion sur la mémoire, la voix, le rapport au temps et à soi-même.
Dernièrement, la publication de La lettre d’un vieux comédien a agi comme un déclencheur. Non pas comme un manifeste, mais comme un point de bascule. Cette lettre appelait autre chose. Une forme plus lente. Plus durable. Moins adressée. C’est ainsi qu’est né Le Journal d’un vieux comédien.
Le projet prend la forme d’un journal hybride, à la fois fiction, autobiographie et journal intime. Il commence à un moment précis, le lendemain d’un spectacle, mais sans fin annoncée. Une publication par semaine. Sans plan global. Sans trajectoire prédéfinie. On y suit un vieux comédien, mais surtout un homme, aux prises avec ses doutes, ses peurs, ses souvenirs, ses silences. Le théâtre y est présent, bien sûr, mais jamais seul : il cohabite avec la vie ordinaire, le corps, l’attente, l’effritement des certitudes.
La double diffusion, texte et version audio, fait partie intégrante du projet. Elle me permet d’entrer consciemment dans le processus de création et d’observer concrètement la distance qui existe entre l’écriture et le jeu, entre ce qui est dit et ce qui est incarné. Le journal devient ainsi à la fois un espace d’écriture et un laboratoire discret sur la parole, la voix et la présence.
Le Journal d’un vieux comédien est le produit d’années de réflexions, de projets avortés, de spectacles joués ou rêvés.
Rien n’y est neuf.
Tout y est transformé.
Comme du compost...


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