Quand des jeunes me rappellent pourquoi j’aime le théâtre...
- Le Théâtre du Mauvais Garçon
- il y a 9 heures
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Hier soir, je suis allé voir une pièce que j’ai vraiment beaucoup appréciée. L’éveil du printemps, dans la version de David Paquet, librement inspirée de l’œuvre de Frank Wedekind, publiée en 1891.
La pièce avait déjà été montée au Théâtre Denise-Pelletier en 2024 dans une production professionnelle qui a remporté plusieurs prix. Mais cette fois, je n’assistais pas à cette version-là.
Je voyais le spectacle monté par Flavie Pelletier, avec la troupe Le Théâtre sans tabous de l’école Chavigny de Trois-Rivières. Une troupe composée presque entièrement d’élèves de secondaire 5.
Donc, disons-le franchement.
Quand on va voir un spectacle étudiant, on sait un peu à quoi s’attendre.
Des moments moins solides. Un jeu parfois hésitant. Des transitions un peu bancales.
Des acteurs qui cherchent encore leurs repères.
Bref… un spectacle pas parfait.
Mais.
Et là il y a un gros mais.
La représentation d’hier est un des bons spectacles de théâtre que j’ai vus à Trois-Rivières cette saison. Toutes troupes confondues.
Oui.
Je le dis sans hésiter.
Ce qui frappait le plus, c’était le plaisir.
On sentait très clairement que ces jeunes avaient du plaisir à être là. À jouer devant nous. À raconter cette histoire. Pas de calcul. Pas de volonté de démontrer quoi que ce soit.
Juste le plaisir de jouer. Et ce plaisir-là était accompagné d’une certaine naïveté. Mais une belle naïveté. Celle qui n’est pas encore usée par les habitudes du métier.
Et je pense que c’est justement ce qui fait la force du spectacle.
En sortant de la salle, j’avais une pensée un peu étrange.
Ces jeunes comédiens m’ont fait découvrir un texte. Un texte magnifique de David Paquet.
Autrement dit, ce groupe de jeunes recrues a permis à un vieux routier du théâtre de découvrir une œuvre. Je trouve ça assez beau comme situation...
La mise en scène m’a donné l’impression d’être assez inspirée de la production originale. Ce qui est normal dans un projet scolaire.
Mais une question m’est restée dans la tête.
Le texte parle d’adolescents. De leurs découvertes. De leurs questions. De leurs inquiétudes face au monde. Hier soir, j’ai vu des adolescents jouer ces adolescents.
Avec leur cœur. Avec leur énergie. Avec leurs défauts aussi.
Et je me demande…
Quand ce texte est joué par des comédiens professionnels de presque trente ans, avec des moyens techniques plus importants…
Est-ce que l’impact est le même ?
Je ne peux pas répondre.
Mais hier, il y avait une vérité difficile à fabriquer. Presqu'impossible à fabriquer.
Plusieurs répliques m’ont frappé pendant la soirée. Des phrases lourdes de sens, mais livrées simplement.
J’ai ri.
J’ai réfléchi.
Et quand l’entracte est arrivé, je me suis surpris à dire :
« Déjà ? »
Ce qui est toujours bon signe.
Et à la fin du spectacle, j’avais exactement la même impression.
Ça passe très vite.
Cette saison, j’ai souvent payé 28 $ pour voir des productions qui semblaient vouloir me faire la leçon. Des spectacles qui voulaient m’apprendre quelque chose. M’impressionner. Me convaincre. Me faire réfléchir.
Hier soir, j’ai payé 10 $.
Et la troupe me disait simplement :
« Viens passer ce moment avec nous. »
Sans prétention.
Et c'est là que j’ai été vraiment impressionné.
Comme quoi la valeur n’attend pas le nombre des années. (ou le prix du billet)
Malheureusement, il n’y avait pas de programme pour me permettre de nommer tous les comédiens. Je vais donc féliciter tout le groupe.
Avec une mention spéciale pour l’interprète de Moritz, qui jouait aussi la mère. Une performance marquante.
Bravo à toute la troupe.
Il reste une seule représentation.
Et si vous avez la chance d’y aller… allez voir ces jeunes.
Ils pourraient bien vous rappeler, comme ils l’ont fait pour moi hier soir, pourquoi on aime le théâtre…



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