Être acteur – Michael Chekhov
- Le Théâtre du Mauvais Garçon
- 20 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 janv.

Jouer sans se regarder jouer
Pourquoi Michael Chekhov arrive maintenant
Après Stanislavski, quelque chose reste coincé.
Le travail est juste. La méthode est solide.Mais parfois, le jeu devient lourd de conscience.
L’acteur agit, analyse, vérifie. Il est vrai… mais il ne décolle pas.
Michael Chekhov part exactement de là. Non pas pour rejeter Stanislavski, il a été son élève ,mais parce qu’il sent que la quête de vérité peut devenir un piège intérieur.
Le contexte : sortir de la psychologie
Chekhov écrit et enseigne dans un contexte de bouleversements :exil, ruptures artistiques, rencontres avec d’autres traditions, d’autres pensées.
Il se méfie de l’introspection. Il se méfie du « moi » comme centre du jeu.
Pour lui, le théâtre n’est pas un lieu où l’on se raconte, mais un lieu où l’on se transforme.
Ce que propose réellement Être acteur
Le geste central de Chekhov est simple et radical :déplacer l’attention de l’intérieur vers l’extérieur.
L’acteur ne fouille pas ses émotions. Il travaille avec :
des images,
des qualités de mouvement,
des forces imaginaires.
Le concept clé est celui du geste psychologique :un mouvement qui condense l’élan intérieur d’un personnage,sans passer par l’analyse psychologique.
Le jeu devient un acte de projection, pas d’introspection.
Ce que ce livre libère
Être acteur soulage beaucoup d’acteurs.
Il autorise :
le jeu,
l’exagération,
la poésie,
le plaisir de transformer son corps.
Il permet de sortir du naturalisme sans tomber dans l’arbitraire.
L’acteur n’a plus à « être vrai ». Il a à être juste dans une forme.
Là où Chekhov peut dériver
Cette liberté a son revers.
À force d’images,le jeu peut devenir décoratif.
À force d’énergie,il peut perdre toute friction avec le réel.
Sans ancrage,l’imaginaire flotte.
Chekhov libère l’acteur du psychologisme,mais il peut aussi l’éloigner du conflit concret,du poids social,de la nécessité.
Lire Chekhov aujourd’hui
Lire Michael Chekhov aujourd’hui,ce n’est pas adopter une esthétique.
C’est accepter que le jeu puisse venir d’un ailleurs que du moi.
Son apport est précieux dans un théâtre saturé de récits personnels,de sincérité exhibée,de vérité surjouée.
Mais il ne remplace pas le travail. Il le déplace.
Vers la suite
Après ce triptyque, action (Aristote),maîtrise (Diderot),vérité (Stanislavski),imaginaire (Chekhov), le théâtre va cesser de chercher un équilibre.
Avec Artaud, il va chercher la rupture...
LIEN POUR LE PROCHAIN TEXTE DE LA SÉRIE:



Commentaires