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Le Théâtre et son Double – Antonin Artaud

Dernière mise à jour : 24 janv.


Quand le théâtre refuse d’expliquer...


Pourquoi Artaud arrive maintenant

Après Tchekhov, le théâtre pourrait continuer à se déplacer doucement :plus d’imaginaire, plus de liberté, plus de poésie. Mais Artaud ne veut pas de douceur. Il ne veut pas d’équilibre. Il ne veut même pas de solution.


Là où Stanislavski et Tchekhov cherchent encore comment jouer, Artaud pose une question plus violente :à quoi sert encore le théâtre, s’il ne fait que représenter ?


Le contexte : un refus plus qu’un système

Le Théâtre et son Double n’est pas un traité.C’est un livre éclaté, contradictoire, parfois illisible. Artaud écrit depuis la marge :en rupture avec les institutions, en rupture avec la littérature,en rupture avec lui-même. Il ne propose pas une méthode de jeu. Il attaque une idée du théâtre qu’il juge épuisée,bavarde, psychologique, confortable.


Ce qu’Artaud veut détruire

Artaud se méfie du texte. Il se méfie du dialogue. Il se méfie de la psychologie.

Pour lui, le théâtre occidental est devenu un théâtre de commentaires.

Il appelle à un théâtre qui agit directement sur le corps, sur les nerfs, sur les perceptions.


Un théâtre qui ne raconte pas, mais qui fait événement.


La cruauté, mal comprise

La cruauté chez Artaud n’est pas la violence gratuite. Ce n’est pas le sang. Ce n’est pas le choc pour le choc. C’est la nécessité.

La cruauté, c’est refuser le confort du sens expliqué. C’est imposer une expérience qui ne se laisse pas réduire à un message. Un théâtre qui ne demande pas au spectateur de comprendre,mais de traverser.


Ce que ce livre a provoqué

Artaud n’a presque rien réalisé sur scène.Mais son impact est immense.


Il devient une référence constante pour :

  • le théâtre expérimental,

  • le théâtre du corps,

  • la performance,

  • les formes non narratives.


Son texte agit comme une source de légitimation :si le théâtre dérange, s’il blesse, s’il déborde,Artaud est souvent invoqué.


Là où Artaud pose problème

Le danger d’Artaud, c’est sa récupération.

Le choc devient un style. La radicalité devient un décor. La cruauté devient une posture.

On cite Artaud pour justifier des expériences qui ne font plus trembler grand-chose.

Pire encore :le spectateur peut devenir un corps à éprouver, plus qu’un sujet à considérer.


Lire Artaud aujourd’hui

Lire Artaud aujourd’hui,ce n’est pas chercher à l’appliquer.

C’est accepter qu’il mette en crise notre rapport au sens, au texte, au confort intellectuel.

Artaud ne donne pas de solution. Il empêche de s’installer.

Et c’est peut-être là, encore aujourd’hui,sa fonction la plus précieuse.


Vers la suite

Après Artaud, deux chemins s’ouvrent :l’un cherchera à penser politiquement cette secousse, l’autre à l’encadrer par une discipline extrême.

Le prochain texte choisira la première voie :avec Brecht, le théâtre ne veut plus seulement frapper, il veut faire penser...


LIEN POUR LE PROCHAIN TEXTE DE LA SÉRIE:


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CONCLUSION...

Créer les références qui manquaient Relire cette série depuis Rancière change tout. Non pas parce qu’il aurait le dernier mot, mais parce qu’il empêche précisément qu’il y en ait un. Après Aristote, D

 
 
 

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