Écrits sur le théâtre – Bertolt Brecht
- Le Théâtre du Mauvais Garçon
- 24 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Pourquoi Brecht arrive maintenant
Après Artaud, le théâtre est en danger. Pas parce qu’il va trop loin,mais parce qu’il peut devenir aveugle à ce qu’il fait. Artaud voulait secouer le corps.Brecht veut réveiller la pensée.
Là où Artaud brûle les formes, Brecht les démonte, pièce par pièce.
Il ne cherche pas l’ivresse.Il cherche la lucidité.
Le contexte : un théâtre dans l’histoire
Brecht écrit depuis un monde en crise :guerres, montée des fascismes, exil, luttes idéologiques. Pour lui, le théâtre ne peut pas se contenter d’émouvoir ou de choquer.
Il doit rendre visibles les mécanismes :sociaux, économiques, politiques.
Le théâtre n’est pas un refuge.C’est un outil critique.
Ce que Brecht propose réellement
Brecht ne rejette pas la fiction. Il rejette l’illusion.
Son idée centrale est simple :le spectateur ne doit pas oublier qu’il regarde un spectacle.
D’où :
la distanciation,
les ruptures de jeu,
les chansons,
les adresses directes,
les changements visibles de décor.
Tout ce qui empêche l’hypnose et maintient une distance active.
Le jeu de l’acteur chez Brecht
L’acteur brechtien ne « devient » pas le personnage. Il le montre.
Il garde une légère distance,comme s’il disait en permanence :« Regardez ce que je fais et demandez-vous pourquoi. »
Ce n’est pas un jeu froid. C’est un jeu orienté.
Ce que Brecht a profondément transformé
Brecht a offert au théâtre une autre manière d’être politique.
Pas par le message, mais par la forme.
Il a influencé :
la mise en scène,
la pédagogie,
le théâtre documentaire,
les formes critiques contemporaines.
Il a donné au spectateur un rôle nouveau :non plus seulement ressentir, mais juger.
Là où Brecht pose problème aujourd’hui
Brecht est devenu… brechtien.
Ses procédés se sont figés. La distanciation est parfois devenue une recette. Le théâtre critique peut devenir didactique. Pire :expliquer peut remplacer penser.
On montre les mécanismes, mais on empêche parfois toute ambiguïté.
Le spectateur est éclairé…mais étroitement guidé.
Lire Brecht aujourd’hui
Lire Brecht aujourd’hui,ce n’est pas imiter ses formes.
C’est se poser une question simple et rude :que faisons-nous penser au spectateur ?
Et une autre, plus dérangeante encore :avons-nous confiance en son intelligence ?
Brecht reste précieux tant qu’il n’est pas transformé en théâtre de bonnes intentions.
Vers la suite
Après Brecht, une autre radicalité s’impose. Moins idéologique, il sera plus refermé sur lui.
Avec Grotowski,le théâtre va cesser de vouloir convaincre pour se concentrer sur l’acteur —jusqu’à l’extrême.
LIEN POUR LE PROCHAIN TEXTE DE LA SÉRIE:
LE THÉÂTRE PAUVRE de Jerzy Grotowski



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