Le Théâtre populaire – Jean Vilar
- Le Théâtre du Mauvais Garçon
- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 19 heures

Pour qui joue-t-on, au juste ?
Pourquoi Vilar arrive maintenant
Après Grotowski, le théâtre est presque nu. Intense. Exigeant. Radical.
Mais il est aussi resserré, parfois fermé sur lui-même. Peu de spectateurs. Peu de circulation.
Jean Vilar arrive là comme un contre-mouvement. Il ne nie pas l’exigence. Il refuse qu’elle se coupe du plus grand nombre.
Le contexte : reconstruire un lien
Vilar travaille dans l’après-guerre. Un moment où la culture devient une question politique centrale. Il dirige le Théâtre National Populaire, fonde le Festival d’Avignon, et porte une idée simple, presque dangereuse aujourd’hui :
Le théâtre doit être accessible,non pas au sens de simplifié,mais au sens de partagé.
Ce que dit réellement Vilar
Vilar ne théorise pas lourdement. Il parle depuis l’action, l’organisation, le terrain.
Pour lui :
le théâtre est un service public,
l’exigence artistique n’est pas négociable,
le public n’est pas un obstacle à la qualité.
Il refuse l’opposition entre théâtre d’art et théâtre populaire. Cette séparation, dit-il, est une fausse querelle.
Ce que Vilar a rendu possible
Vilar a transformé durablement le paysage théâtral français.
Il a montré qu’un théâtre exigeant pouvait rencontrer un large public.
Il a ouvert les portes :
par les prix,
par les horaires,
par la clarté des propositions,
par le respect accordé au spectateur.
Il a déplacé la question du « pour qui » au centre du projet artistique.
Là où Vilar pose problème aujourd’hui
L’idéal vilarien peut devenir une nostalgie.
Le « grand public » n’est plus une évidence. Les publics sont fragmentés, multiples, traversés de contradictions.
Le risque est double :
croire encore à une unité fictive,
ou tomber dans un paternalisme culturel discret.
L’intention d’ouverture peut masquer des rapports de pouvoir bien réels.
Lire Vilar aujourd’hui
Lire Vilar aujourd’hui,ce n’est pas rêver d’un âge d’or.
C’est se demander :comment créer des œuvres exigeantes sans confisquer la place du spectateur ? Vilar ne donne pas de recette. Il pose une responsabilité.
Et cette responsabilité reste entière.
Vers la suite
Après Vilar, le théâtre va chercher une autre voie. Ni dogmatique, ni idéologique.
Avec Peter Brook,il va tenter de faire circuler ce qui s’est figé dans les systèmes.
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